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Manifestation pour les retraites :
Trajet / Parcours : départ à Paris : 14h - République - Bastille - Nation
Appel/tract de la CNT :
Tous et toutes en grève mardi 7 sept 2010 en attendant la construction d'un large mouvement de grève reconductible
Retraites, fonction publique, licenciements massifs, dérives sécuritaires, stagnation des salaires, chômage partiel, précarité galopante… combien de mots encore pour qualifier l'impasse sociale dans laquelle nous plonge le capitalisme ? La crise devait tout changer et rien n'a bougé. Etonnant ? Pas vraiment, car quand le patronat et l'Etat défendent leurs intérêts, la croissance des profits et la continuation de leur domination économique, politique et sociale, ils ne font pas dans l'humanisme… Les classes dirigeantes sont en lutte pour leur survie, elles combattent pour conserver leurs privilèges. Un combat bien facile quand, en face, les directions syndicales ne font que gérer les défaites et négocier les reculs.
Pourtant, la crise financière n'a pas fait mal à tous, elle sert plutôt de prétexte pour accentuer la pression sur les droits sociaux. Les salariés l'ont vécu de plein fouet, entre licenciements économiques massifs, gel des salaires, développement des contrats précaires, chômage partiel et autres joyeusetés. Mais les patrons, dirigeants politiques et autres gestionnaires du système capitaliste ne s'en portent eux que mieux. Après les larmes de crocodile versées sur le risque d'effondrement et de faillite du système financier mondial, est venu les temps de l'appel aux sacrifice… pour les travailleurs. Jusqu'à expliquer que franchement, non, ce n'est plus possible de continuer comme avant, il faut réguler. Et les mesures drastiques tombent pour faire rendre gorge aux infâmes traders et spéculateurs : réduire les dépenses publiques et réformer les retraites. Etrange raccourci non ? Réguler le capitalisme à la mode G20, Sarkozy ou FMI (dirigé par un « camarade » du PS…) serait donc faire des économies sur le service public, garant d'un minimum de cohésion sociale, et faire bosser toujours plus ceux qui déjà triment à en péter les plombs en mettant au chômage les autres millions d'inutiles…
Et pour parfaire le tout, rien de mieux que de mettre au pas ceux qui osent contester. Le plus simple, c'est de prendre le mal à la racine et d'entraver ce qui fait la force des travailleurs : le syndicat. Depuis plusieurs mois, la CNT doit faire face à une vague de répression violente, entre contestation de ses créations de sections syndicales (Baud, Sévelnord par exemple), licenciements massifs de ses nouveaux syndiqués (People and Baby) et tentative de déstabilisation de ses sections déjà très bien implantées (Cinémathèque). Trop gênant ? Sûrement. Quoi qu'il en soit, cela ne fait que prouver que nous sommes sur la bonne voie : gêner les patrons au point d'en devenir leur marotte, voire leur cauchemar, ça ne peut que nous faire plaisir et nous renforcer dans nos orientations syndicales, notre démarche de solidarité de classe et notre refus de la cogestion. Tout comme ce fût le cas de tous les travailleurs de Continental, Total, Caterpillar, Sony, 3M, Phillips-EGP Dreux, Brodard Graphique, et de bien d'autres encore.
Car, loin des discours et débats de spécialistes, quelques évidences subsistent. Notamment que les richesses n'ont pas disparu, qu'elles ne se sont pas envolées, mais qu'elles sont juste toujours plus concentrées entre les mains d'une minorité. De même que les prétendus déficits publics sont créés de toutes pièces : gel des cotisations patronales, exonérations massives de cotisations sur les bas salaires, généralisation des mécanismes d'intéressement (stock-options, épargne salariale, actionnariat d'entreprise, participation, primes diverses...) tous exonérés de cotisations, dettes de l'Etat vis-à-vis des régimes sociaux, politique de bas salaires et donc de faibles cotisations et médiocres contributions au financement des régimes sociaux, chômage de masse et donc perte de cotisations, fraude massive des entreprises, placements financiers soumis à aucune cotisation sociale, etc. Combien de dizaine de milliards d'euros au final pour un soi-disant déficit de la sécurité sociale de quelque 30 milliards ?
Et on voudrait nous faire croire qu'avec le non-remplacement d'un fonctionnaire à la retraite sur deux et le report de l'âge de la retraite on va arranger les choses… Mais en toute logique, si certains travaillent plus vieux, les jeunes seront au chômage, et si on supprime des emplois dans la fonction publique le chômage va encore augmenter… Réduire les déficits en augmentant le chômage, en voilà une belle idée.
L'enjeu des batailles d'aujourd'hui sur les retraites, les suppressions de postes de fonctionnaires, l'explosion du chômage, etc., est assez évident : Les travailleurs et leurs organisations syndicales doivent sortir d'un « dialogue social » où ils sont toujours perdants pour s'affirmer comme une force sociale apte à imposer leur réalité et leurs exigences. Il est temps de siffler la fin de la récré. Si les salons de Matignon sont douillets, si les locaux de l'Elysée sont bien climatisés, si les comités d'entreprise offrent un semblant de débat, si les tribunaux d'instance ou les prud'hommes ont parfois un parfum de satisfaction, ce n'est pas là que se joue le fond du problème.
La seule force des travailleurs c'est leur nombre et leur capacité à bloquer la production des richesses qui font les jours heureux et les yachts classieux du patronat. La grève n'est pas un gros mot, c'est un droit et la seule manière souvent de se faire entendre réellement. Plutôt que de perdre quelques demi-journées de salaire tous les deux ou trois mois pour ne rien obtenir, ne vaudrait-il pas mieux tout arrêter quelques jours ? D'autres l'ont fait avant nous, lors des grèves de 1936 par exemple, et personne n'en est mort, personne ne s'en plaint aujourd'hui, surtout pendant ses congés payés…
Reconstruisons un syndicalisme intransigeant, qui sache opposer la solidarité des travailleurs à la violence patronale, qui sache privilégier la main-mise des salariés sur leurs luttes plutôt que de déléguer leurs voix à quelques permanents éloignés des réalités du monde du travail. Construisons l'espoir d'un autre futur plutôt que de subir encore et toujours les mêmes discours fatalistes et leurs conséquences désastreuses. Le capitalisme n'est pas la fin de l'histoire, notre avenir est entre nos mains, organisons-nous pour le construire ! !
Pour un syndicalisme de classe et d'émancipation sociale, Ne battons pas en retraite ! grève générale pour la justice sociale !
Tract en pdf
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Tract/appel de l'OCL et d'OLS :
Pour la bourgeoisie, qui mène la danse, la réforme des retraites est indispensable afin, paraît-il, de « sauver » le régime par répartition. En fait, l'application d'une telle réforme - cotiser plus et plus longtemps pour être bien moins pensionné - ouvrira au contraire la voie à une retraite complémentaire par capitalisation que seuls les hauts revenus pourront se payer. Sous prétexte de réduire la dette publique, cette réforme est encore un moyen supplémentaire de diminuer les dépenses sociales. Le but étant de nouvelles sources de profit pour le marché capitaliste. Si cette réforme des retraites passe, le reste suivra. C'est pourquoi nous n'avons d'autre stratégie que de nous donner les moyens d'arracher son retrait total. Ainsi que l'a dit le mouvement en Grèce : « Les peuples n'ont pas de dette, ils ne doivent rien à personne ». La « crise » actuelle n'est pas la nôtre. Les seuls à bénéficier de la situation présente sont ceux qui en sont responsables. Alors, qu'ils paient !
Nous n'accordons aucun crédit aux confédérations syndicales qui, unies ou non, nous convoquent de temps à autre à une journée de « mobilisation » sans lendemain : les syndicats ne font rien d'autre que défendre leur position de « partenaire social » face à l'Etat, et leurs actions visent non à créer le rapport de forces nécessaire pour le faire plier mais à agréger un mouvement d'opinion capable d'obtenir quelques aménagements de l'ordre existant avant de nous inviter à rentrer sagement à la maison. Le combat mené autour de la réforme des retraites n'est pas non plus celui d'un large regroupement de gauche contre un gouvernement de droite, comme le disent certains. Les gouvernements de gauche en Europe (tels ceux de l'Espagne et de la Grèce) appliquent exactement la même politique que ceux de droite : recul de l'âge de départ à la retraite, baisse des salaires, privatisations, etc. En France, si la gauche revient au pouvoir, elle fera pour le capital ce que la droite n'a pas pu ou su faire.
Nous qui sommes aujourd'hui dans la rue, en nous révoltant, nous avons plus à gagner qu'à perdre. D'autres formes de lutte sont nécessaires, comme ne plus faire payer les usagers : transports, électricité, etc. et occuper des lieux stratégiques, tout en sachant qu'il nous faudra arrêter tout, réfléchir et agir collectivement afin de faire reculer l'Etat. Auto-organisons-nous à la base pour mettre le plus vite possible le capitalisme à la poubelle, une fois pour toutes et avant qu'il ne nous détruise. IL Y A URGENCE !
Une révolution est à faire,
Une autre société à construire !
Organisation Communiste Libertaire (OCL)
Offensive Libertaire & Sociale (OLS)
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Source : http://offensive.samizdat.net/