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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 18:48

http://survie.org/billets-d-afrique/2012/218-novembre-2012/article/premier-ou-dernier-pas-d-une?utm_source=twitterfeed&utm_medium=twitter

Publié le 7 janvier 2013 (rédigé le 7 novembre 2012)

 

Henri Pouillot a été affecté de juin 1961 à mars 1962 à la Villa Susini à Alger, le centre de torture de l’armée française. Témoin privilégié de la guerre d’Algérie et des méthodes de l’armée française, il se félicite des récentes déclarations de François Hollande à propos du massacre du 17 octobre 1961 tout en déplorant les signaux favorables lancés aux nostalgiques de l’Algérie française.

« Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance ont été tués lors d’une sanglante répression. La République reconnaît avec lucidité ces faits. Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes. »

La déclaration de François Hollande (AFP, 17 octobre) est importante puis­ qu’il y a un premier pas de franchi : la reconnaissance de la responsabilité de la République française. Les termes restent cependant en dessous de la nécessité puisqu’il s’agit d’un crime d’état.

Sans bouder ce geste présidentiel tant attendu, on peut noter que l’Elysée s’est exprimé par une simple déclaration à l’AFP, refusant de recevoir une délégation du « Collectif du 17 octobre ». La communication ne s’est pas faite depuis un lieu symbolique et avec cérémonie, ce qui montre que Hollande a sans doute estimé que ce pas était suffisant sur un sujet si sensible alors que de nombreuses organisations et personnalités, des parlementaires, étaient intervenus auprès du président de le République pour demander une expression forte à l’occasion du cinquantième anniversaire de la fin de la Guerre d’Algérie.

La déclaration de François Hollande intervient aussi à quelques semaines d’un déplacement à Alger alors que la France négocie un soutien algérien à l’intervention militaire envisagée au Mali. Quatre ministres français sont déjà allés préparer le terrain. Si la presse française a été discrète sur ces visites, la presse algérienne a évoqué, outre le dossier malien, la signature éventuelle d’accords économiques significatifs.

Reste que si la parole présidentielle est effectivement importante, d’autres signaux viennent en affecter la portée.

Et pas des moindres. Ainsi le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a annoncé l’inauguration d’une stèle à la gloire du général Bigeard le 20 no­vembre prochain. Une honte alors que la présidence Sarkozy, devant le tollé, avait renoncé au transfert de ses cendres aux Invalides.

Hollande, Le Drian connaissent-ils les tristement célèbres « crevettes Bigeard » ? Cet officier tortionnaire avait, en effet, inventé et perfectionné une technique radicale consistant à larguer, depuis des hélicoptères, des Algériens condamnés à mort sans jugement (sauf le sien) d’abord dans les massifs montagneux, puis en mer lestés d’un bloc de ciment. Une pratique et un savoir-faire enseigné plus tard par son ami le général Aussaresses et les officiers Lacheroy et Trinquier aux militaires de la dictature argentine.

Autre signal contradictoire de la présidence Hollande : une fin de non-recevoir au retrait d’une stèle érigée, il y a deux ans, à la « gloire » du colonel Château-Jobert à l’intérieur de la caserne de Pau où sont formés les jeunes parachutistes.

Pau : une stèle à la gloire d’un terroriste

Château-Jobert, ancien résistant, avait aussi participé au putsch d’avril 1961 avant de déserter, de diriger le maquis de l’Ouarsenis pour torpiller le cessez- le-feu. Fervent partisan de l’Algérie française, il avait été condamné à mort (puis gracié) pour ses activités l’OAS.

C’est pourtant lui qui fera l’objet d’une cérémonie fin octobre. Bel exemple pour les nouvelles recrues de l’armée !

Omerta française

Le chemin reste donc encore long pour que la France regarde en face son passé colonial où la torture, les brimades et les humiliations étaient une pratique « naturelle ». Le code noir ou le code de l’indigénat avaient institué le racisme comme l’un des fondements de la politique de notre pays.

Le chemin est encore tortueux pour que la France soigne cette shizophrénie, héritage d’un passage, sans coup férir, du statut d’oppresseur à celui « d’ami » de l’Afrique vendu aux Français par les autorités. Il reste donc à reconnaitre une quantité de crimes coloniaux, des massacres de Sétif, Kherrata, Guelma le 8 mai 1945, de Madagascar en 1947, de la guerre secrète au Cameroun entre 1955 et 1971 pour ne parler que du continent africain.

Pour que cette reconnaissance du mas­sacre du 17 octobre 1961 ne soit pas le dernier pas dans la reconnaissance officielle de l’« aventure » coloniale en général et des crimes coloniaux en particulier, il serait donc temps de rompre avec la nostalgie d’un passé « glorieux » et de cesser d’honorer les grandes figures du colonialisme et de l’« Algérie Française ».

On n’en prend pas le chemin à la lecture des déclarations de Laurent Fabius (21 octobre) à propos de la visite de François Hollande le 19 décembre en Algérie : « Les Algériens ne souhaitent absolument pas qu’on fasse un voyage tourné vers le passé », « nos amis algériens ne souhaitent pas un traité d’amitié franco-algérien, mais un partenariat stratégique, centré sur les domaines économique, éducatif, énergétique et pourquoi pas militaire. »

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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 21:24

http://survie.org/genocide/justice-complicites-francaises/article/genocide-des-tutsi-du-rwanda-17

 

 

Cela fait 17 ans, ce 7 avril 2011, qu’a été déclenché au Rwanda le génocide de près d’un million de Tutsi. Ce génocide n’aurait pas été possible sans la passivité de la communauté internationale, mais surtout sans la complicité d’un cercle restreint de responsables politiques et militaires français de l’époque. Alors que des informations judiciaires sont ouvertes en France contre des militaires français ayant servi au Rwanda et contre des présumés génocidaires résidant sur notre territoire, force est de constater qu’aucun procès n’a encore été ouvert. L’association Survie et le CPCR renouvellent leur appel afin que toute la lumière soit faite sur l’implication française dans le génocide et que cesse le règne de l’impunité sur le territoire français.

Dès 1993, avant même que le génocide soit perpétré, l’association Survie prévenait des risques de massacres et dénonçait le soutien des autorités françaises au régime ethniste du général Habyarimana . Depuis, de nombreux travaux de chercheurs, d’ONG, de journalistes ou de simples citoyens, ont révélé l’ampleur du soutien français aux génocidaires avant, pendant et après le génocide. Selon l’association Survie, ce soutien constitue une complicité de génocide dans la mesure où les moyens humains, militaires et financiers apportés aux tueurs, ont contribué à la perpétration de ce crime imprescriptible .

A partir de 1995, plusieurs plaintes ont été déposées en France visant des présumés génocidaires ayant trouvé refuge sur notre territoire afin de se mettre à l’abri des justices rwandaise ou internationale. Malgré l’implication de plusieurs ONG, dont Survie, aux côtés du CPCR, et l’ouverture de plusieurs informations judiciaires, aucun des présumés génocidaires n’a encore été jugé, contrairement à ce qui s’est passé en Suisse, au Canada, en Belgique, aux Pays-Bas et récemment en Allemagne. La France a au contraire été condamnée en juin 2004, par la Cour européenne des droits de l’Homme, « pour retard apporté à rendre la justice » dans l’affaire Wenceslas Munyeshyaka. Certes, des arrestations de présumés génocidaires, recherchés par Interpol, ont récemment été opérées, mais rien ne garantit qu’ils seront effectivement jugés. C’est la raison pour laquelle l’association Survie et le CPCR appuient la proposition de loi visant à la création d’un pôle d’instruction spécialisé sur les "génocides et crimes contre l’humanité" au Tribunal de Grande Instance de Paris. Après de longs mois d’attente, celle-ci sera enfin examinée par les sénateurs le 14 avril prochain. En outre, nos associations demandent que des moyens réels (notamment humains et matériels) soient donnés à ce pôle d’instruction (qui pourrait voir le jour en 2012) pour qu’il puisse mener à bien ses investigations et renvoyer éventuellement les mis en examen devant les tribunaux français compétents.

Les plaintes contre des présumés génocidaires ne sont pas les seules : neuf plaintes contre X, visant des militaires français, sont toujours à l’instruction devant le Tribunal aux armées de Paris (TAP). Elles ont été déposées pour la plupart d’entre elles en 2005 par des victimes tutsi pour « complicité de génocide et complicité de crime contre l’humanité ». Elles visent notamment des soldats ayant participé à l’opération prétendument « humanitaire » Turquoise. Les militaires français étant aux ordres des responsables politiques, il n’est pas impossible que l’instruction de ces plaintes permette de mettre en cause les décideurs de l’époque. Là encore, si plusieurs ONG dont Survie, la FIDH et la LDH se sont constituées parties civiles dans ce dossier, peu d’avancées sont à noter. La plupart des responsables politiques et militaires restent à auditionner, tandis que de nombreux documents sont encore protégés par le sceau du « secret défense », malgré la déclassification partielle de certains d’entre eux.

C’est pourquoi l’association Survie et le CPCR demandent aux autorités françaises :

- la levée du « secret défense » sur tous les éléments liés à l’action de la France au Rwanda de 1990 à 1994 et en particulier sur les liens avec les auteurs du génocide ;

- l’instauration d’une commission d’enquête parlementaire sur le rôle de la France et des dirigeants français au Rwanda, chargée d’identifier les responsabilités de chacun ;

- la mise en place rapide, une fois la loi votée, du pôle d’instruction sur les génocides et les crimes contre l’humanité et sa dotation en moyens matériels et humains suffisants afin que les juges chargés de ces poursuites puissent mener leurs investigations jusqu’à d’éventuels procès.

Afin de donner échos à ces revendications, l’association Survie a engagé depuis un mois une démarche d’interpellation des élu-e-s locaux et nationaux au travers d’un courrier visant à mobiliser ces derniers pour que toute la lumière soit faite sur l’implication française dans le génocide des Tutsi et que la justice soit enfin rendue .

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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 16:01

http://survie.org/activites/campagnes-et-mobilisation/article/appel-a-la-manifestation-du-13  

Appel à la manifestation du 13 Juillet 2010
18h Place de la République (angle bd Magenta)

50 ans de Françafrique, ça suffit !

Arrêtons le soutien aux dictateurs !

Soutenons les peuples africains !


arton3750-69585Le 14 juillet à Paris, des unités militaires de 14 pays africains défileront sur les Champs-Elysées, au côté des troupes françaises. Convoqués par Nicolas Sarkozy, les chefs d'État, amis de toujours de la France et des réseaux de la Françafrique : les Gnassingbé (Togo), Bongo (Gabon), Compaoré (Burkina Faso), Déby (Tchad), Sassou Nguesso (Congo Brazzaville), Biya (Cameroun) seront présents dans la tribune présidentielle.

Ceux-là, ainsi que d'autres dictateurs et putschistes, responsables pour certains du massacre d’une partie de leur population et du maintien de celle-ci dans la pauvreté, viendront s'assurer du soutien politique, économique et militaire et de leur enrichissement personnel auprès de leur ancienne puissance coloniale.

La France qui, durant la colonisation, avait abondamment pillé les ressources et utilisé les peuples comme réservoir de main d’œuvre, poursuit depuis 50 ans sa politique par tous les moyens, au détriment du développement des pays concernés, ce qui amène de nombreux africains à migrer pour nourrir leurs familles.

Dans la plupart des pays concernés, les gouvernements de la France ont éliminé ou se sont rendus complices des assassinats de leaders qui ont combattu pour l’indépendance de leur pays comme Patrice Lumumba, Medhi Ben Barka, Félix Moumié, Ruben Um Nyobé, Ernest Ouandié, Thomas Sankara, Sylvanus Olympio, Farhat Hached…

Les autorités françaises ont mis en place des dictateurs, intégrés dans les réseaux de la Françafrique où ils côtoient l’Etat major de l’Armée, l’Elysée et des grandes entreprises comme Total, Bouygues, Bolloré, ou Areva. De l’Afrique de l’Ouest au Maghreb où Ben Ali et Mohamed VI prospèrent sur le dos de leurs peuples, l’héritage du colonialisme est toujours présent. françafrique

Aujourd’hui encore, la plupart des élections dans ces pays sont truquées, les opposants souvent emprisonnés, parfois torturés ou assassinés, par ceux là même qui défileront le 14 juillet , avec la complicité des autorités françaises.

A cette politique françafricaine s’ajoute une agriculture exportatrice européenne et la recolonisation des terres qui détruisent les productions locales, accélèrent le réchauffement climatique et contraignent les paysans africains à fuir les campagnes ou à migrer vers l’Europe. Cette « Europe Forteresse » qui fabrique des sans papiers, les exploite et les expulse sous couvert d'accords de réadmission codifiés dans la Directive Européenne de la Honte, au mépris de la Convention Européenne des Droits de l’Homme.

CONTRE :

- Le soutien de la France aux dictateurs qui vivent impunément des rapports néocoloniaux au détriment du développement de leurs pays et du bien-être des populations ;
- La torture, les massacres, les assassinats politiques, les trafics d'armes, et l'impunité de leurs auteurs et de leurs complices ;
- La vie chère et la hausse des produits de première nécessité en Afrique ;
- Le pillage du continent par les pays riches par le biais de leurs multinationales, de la Banque Mondiale et du FMI ;
- L'impunité, la criminalité financière et les paradis fiscaux et judiciaires ;
- La politique africaine de la France menée par Nicolas Sarkozy et ses prédécesseurs.

POUR :

- La démocratie et des élections libres et transparentes ;
- Le respect des droits humains ;
- L'annulation de la dette illégitime payée par les peuples africains ;
- L'accès de tous à l'alimentation, à l’eau, à la santé, à l'éducation, à l'emploi, à l'habitat, et à la justice ;
- Une vraie mobilisation contre le Sida et le paludisme ;
- La régularisation de tous les Sans Papiers : Grévistes en lutte depuis 8 mois et Marcheurs partis de Paris le 1er Mai pour aller interpeller les dictateurs africains réunis à Nice le 31 mai, tous ensemble unis et déterminés dans un combat commun ;
- La fermeture des bases militaires françaises en Afrique et l’arrêt de l’aide militaire et policière française aux dictateurs sous couvert d’Aide Publique au développement.

Nous, organisations françaises et africaines, exigeons un partenariat entre l’Europe et l’Afrique pour le développement et l'émancipation de l'Afrique hors de la tutelle du gouvernement français.

Manifestons contre la Françafrique ! Place de la République, Paris, le 13 juillet, à 18h.

Bal anticolonial, 20h30, au Ministère de la régularisation de Tous les Sans papiers, 14 rue Baudelique, 18ème, Métro Simplon, (ligne 4).

Premiers signataires :

Sortir du Colonialisme, Survie, Union des Populations du Cameroun, CODE (Collectif des Organisations Démocratiques et Patriotiques de la Diaspora Camerounaise), CNR-MUN (Conseil National pour la Résistance - Mouvement Umnyobiste Cameroun/Allemagne), Mouvement panafricaniste de Munich (AK Panafrikanismus München), Fédération des Congolais de la Diaspora (Congo-Brazzaville), ACTUS / prpe ( Tchad), CAAC Comores, Attac Gabon, PCOT, FTCR (Tunisie), La Voie Démocratique (Maroc), Comité pour le Respect des Libertés et des Droits Humains au Sahara Occidental (CORELSO), Collectif Gazy Tia Tanindrazana (GTT, Madagascar), ARD (Alliance Républicaine pour le Développement, Djibouti), Uguta-Toosa (Djibouti), AFASPA, MRAP, Droits Devant, CEDETIM, IPAM, ACCA - Agir aujourd’hui contre le Colonialisme, Afriques en lutte, Respaix Conscience Musulmane (RCM), Réveil des Consciences, « 93 au cœur de la République », L’Association Culturelle des Travailleurs Immigrés de Turquie (ACTIT), Anges Gardiens du Gabon, Plate Forme de Veille et d’Actions pour le Gabon, Ministère de la Régularisation de Tous les Sans papiers, CNT, Union Syndicale Solidaires, les Alternatifs, NPA, Parti des Indigènes de la République (PIR), FASE, Parti de Gauche, PCF, Les Verts, Inion Pacifiste de France, Collectif Faty Koumba (association des libertés, droits de l’Homme et non-violence), Alternative Libertaire, Collectif Toussaint Louverture, Assez de Coups d’Etats (Mauritanie)

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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 21:33

françafriqueAprès la proclamation de l’indépendance des anciennes colonies françaises d’Afrique, des réseaux politiques et économiques ont assuré la continuité du pillage du continent africain, au profit notamment des hommes de pouvoir en France, en plaçant des dictateurs corrompus à la tête des États nouvellement indépendants. 50 ans après, et malgré les discours de rupture, la Françafrique est toujours d’actualité...


L’association Survie organise en cette année 2010 une campagne intitulée « Libérons-nous de 50 ans de Françafrique » afin de rétablir certaines vérités sur ces 50 ans d’« indépendance » et de relations franco-africaines, de dénoncer la perpétuation de la Françafrique, et de demander une réforme de la politique de la France en Afrique.

 

porter

50 ans d’(in)dépendance pour les anciennes colonies africaines de la France

Cette année est celle de la commémoration du cinquantenaire des indépendances pour les 14 pays africains issus de l’empire colonial français. Mais 50 ans après la proclamation de ces indépendances en droit, force est de constater que ces pays restent étroitement soumis à une dépendance de fait à l’égard de la France.

Propagande officielle et contrevérités

À cette occasion, le président français Nicolas Sarkozy a déclaré que 2010 serait une année de l’Afrique. L’objectif est de promouvoir l’histoire officielle d’une décolonisation soit disant « pacifique » et de dresser un bilan « décomplexé » de 50 ans de relations France-Afrique, en insistant sur ses aspects positifs.

La célébration de cet évènement par le gouvernement français est révélatrice d’une politique de la France en Afrique qui, depuis 1960, a trop souvent cherché à limiter la souveraineté des pays « décolonisés » au profit de ses propres intérêts.

Des promesses manquées...

Lors de sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait annoncé vouloir rompre avec la Françafrique et la politique de ses prédécesseurs :

  • « Il nous faut conjointement chasser les vieux démons du paternalisme, de l’assistanat et du clientélisme. [...] cette relation [France- Afrique] doit être plus transparente. Il nous faut la débarrasser des réseaux d’un autre temps, des émissaires officieux qui n’ont d’autre mandat que celui qu’ils s’inventent. » (discours de Cotonou en mai 2006).
  • « Nous ne soutiendrons ni les dictatures, ni les pays dirigés par des régimes corrompus. » (programme électoral de l’UMP en 2007).
  • « Je veux être le président d’une France qui défende partout les Droits de l’Homme et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. » (discours de Toulon en février 2007).

...aux actes assumés :

Mais depuis son accession à l’Elysée, la promesse de rupture avec la Françafrique est restée lettre morte :

  • Discours de Dakar ethnocentriste et paternaliste sur « l’homme africain »
  • Soutien aux dictateurs « historiques » du pré-carré français : Biya (Cameroun) au pouvoir depuis 28 ans, Compaoré (Burkina-Faso) depuis 23 ans, Deby (Tchad) depuis 20 ans
  • En 2008 et 2009 : soutien aux putschs en Mauritanie et à Madagascar, validation des élections frauduleuses au Congo-Brazzaville, du coup d’Etat constitutionnel au Niger, du coup d’Etat électoral et dynastique d’Ali Bongo au Gabon
  • Interventions militaires au Tchad pour soutenir Idriss Déby
  • Défense de la démocratie et des droits de l’Homme reléguée derrière la défense tous azimuts du business français (Areva, Bolloré, Total, Bouygues...) : « Ne pas avoir peur de dire aux africains qu’on veut les aider, mais qu’on veut aussi que cela nous rapporte. » (Alain Joyandet, secrétaire d’Etat à la Coopération, juin 2008)
  • Maintien des réseaux d’intermédiaires officieux (rôle obscur de l’avocat Robert Bourgi et du député Patrick Balkany, déclassement du secrétaire d’Etat à la Coopération Jean-Marie Bockel qui voulait « signer l’acte de décès de la Françafrique »)
  • Opacité de la politique africaine de la France conduite depuis la cellule Afrique de l’Elysée et hors de tout contrôle démocratique.
  • Politique de répression des immigrés, dont les raisons de l’exil sont liées pour une grande part aux conséquences du système françafricain.

Vous avez dit 50 ans d’indépendance ?

Nous disons 50 ans de Françafrique !

 

Nos revendications :

  • Fin du soutien aux dictateurs : restitution des biens mal acquis et suspension de la coopération dans les secteurs régaliens.
  • Instauration d’une politique de coopération au service du développement, de la démocratie et des droits humains.
  • Application des principes de responsabilité sociale et environnementale des entreprises françaises et de leurs filiales.
  • Suppression de la cellule africaine de l’Elysée et des réseaux de conseillers officieux.
  • Instauration d’un contrôle parlementaire permanent et effectif sur la politique de la France aux niveaux diplomatique, économique et militaire.
  • Définition des responsabilités juridiques des décideurs français dans le génocide des Tutsi au Rwanda.

Nos actions :

  • « Moi(s) contre la Françafrique » avec des évènements et conférences-débats partout en France du 23 février au 7 avril.
  • Forum Citoyen France Afrique en mai à Paris avec de nombreuses associations françaises et africaines, concerts, stands...
  • Lancement d’un appel « Libérons-nous de 50 ans de Françafrique »
  • Campagne d’affichage, actions de rue, etc. partout en France
  • Colloque à l’Assemblée Nationale en juin sur le contrôle de la politique de la France en Afrique.

Outils de la campagne :

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Plaquette                Affiche

Sites internet :

Afrique 2010
Survie
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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 23:26
Lu sur le site de l'Endehors

Lu sur CQFD : "« L’Afrique de papa », ce n’est pas fini, n’en déplaise à Rama Yade. Pour preuve, le bouquin de Raphaël Granvaud, Que fait l’armée française en Afrique [1] ?, qui décortique le rôle des bidasses tricolores stationnés dans « notre » pré carré. Rencontre avec l’auteur.

CQFD : Combien y a-t-il de bases militaires africaines en France ?

Raphaël Granvaud : Aucune, bien sûr, alors qu’il y a plusieurs bases militaires françaises en Afrique. Mais en théorie, il aurait pu y en avoir ! En 1958, la Constitution de la Ve République avait institué une « Communauté franco-africaine » qui stipulait notamment : « L’armée chargée de la défense de la Communauté est une. Elle est placée sous une organisation unique de commandement. » Deux ans plus tard, au moment des indépendances formelles, ces dispositions sont maintenues et verrouillées par des accords militaires, notamment des accords de défense.Par exemple, l’article 1er de l’accord franco-gabonais stipule : « La République française et la République gabonaise préparent et assurent en commun leur défense. » Et l’article 4 : « Chacune des parties contractantes s’engage à donner à l’autre toutes facilités et toutes aides nécessaires à la défense, et en particulier, au stationnement, à la mise en condition et à l’emploi des forces de défense. » La réciprocité n’est évidemment qu’une figure de style : jamais le Gabon, pas plus qu’un autre pays africain, n’a exigé de faire circuler ou stationner ses troupes sur le sol français ! La France, en revanche, maintient ses troupes en Afrique. Aujourd’hui,il reste officiellement trois bases militaires, contre plus d’une dizaine au moment des indépendances  : au Sénégal, au Gabon et à Djibouti. Mais plus de 1000 hommes sont également présents de manière permanente au Tchad depuis plus de 20 ans, et il existe d’autres points d’appui militaires plus restreints ou plus discrets. Mais surtout, simultanément, la France a fortement accru ses moyens de projection, et ni le nombre ni le volume des interventions militaires n’ont diminué…

Cette présence est-elle seulement le reliquat de notre passé colonial ou, a contrario, permet-elle de préserver, encore et toujours, les intérêts français en Afrique ?

R. G. : Les deux, mon capitaine ! Si cette tutelle néocoloniale est aujourd’hui plus ou moins forte, et plus ou moins directe, selon les pays africains considérés, il s’agit en revanche d’une politique constante des présidents français successifs. Les anciennes troupes coloniales, les troupes de marine, ne sont pas pour rien dans cet état de fait. Mais il n’y a pas que des raisons idéologiques. L’ingérence militaire permet bien sûr de maintenir une domination politique et économique. Les accords de défense signés aux indépendances comportaient des clauses secrètes qui le stipulaient d’ailleurs explicitement : si l’armée française protège tel ou tel dictateur, c’est en échange d’un droit de pillage pour nos multinationales. Et de manière plus générale, les militaires et les politiques considèrent que la présence des troupes françaises sur un théâtre de crise permet de faciliter l’implantation ou le maintien des entreprises françaises. C’est ce qu’ils appellent le « retour économique sur investissement militaire ».

img art 2178Que fait l’armée française en Afrique contre ce « terrorisme international » qui reprendrait du poil de la bête ?

R. G. : C’est une question difficile, d’une part parce que le « terrorisme », dans la zone sahélienne notamment, est mal connu, c’est une étiquette fourre-tout. Le journaliste Jean-Christophe Servant vient d’écrire un article très intéressant sur le sujet (« Le Nord-Mali victime d’une prophétie autoréalisatrice [2] »). Ce qui est certain, c’est que les prises d’otages revendiquées par Al-Qaeda servent de prétexte à une présence militaire américaine de plus en plus forte dans les pays traditionnellement sous influence française. L’Afrique est devenue pour les USA une zone stratégique d’approvisionnement en pétrole qu’il faut « sécuriser ». Cette présence militaire américaine dans le « pré carré » n’était pas spécialement bien vue sous Chirac, je ne sais pas encore exactement ce qu’il en est sous Sarkozy. Ce que je sais, c’est que les forces spéciales françaises sont, discrètement, présentes dans cette zone sahélienne. La lutte antiterroriste peut également servir de prétexte aux autorités françaises pour légitimer politiquement leurs liens avec des militaires putschistes et renforcer leur coopération militaire. C’est par exemple le cas en Mauritanie, où par ailleurs Total est sur le point de reprendre la production pétrolière…

Article publié dans CQFD n°74, janvier 2010.

[1] Raphaël Granvaud, Que fait l’armée française en Afrique ?, éditions Agone, 2009. Par ailleurs, il existe une brochure publiée sur le site de l’association Survie, en libre accès : http://survie.org/publications/les-dossiers-noirs/article/de-l-armee-coloniale-a-l-armee.

[2] http://blog.mondediplo.net/2009-12-28-Le-Nord-Mali-victime-d-une-prophetie.
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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 21:54
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6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 00:27

Vu sur le site de Survie

Article

 

En soutenant les auteurs du génocide, les autorités politiques et militaires de notre pays se sont rendues complices de ce crime. Toute la lumière doit être faite sur cet épisode des plus sombres de la politique de la France en Afrique, et les responsables français doivent être jugés.

Le dernier génocide du 20ème siècle

Le génocide des Tutsi au Rwanda a fait entre 800 000 et 1 million de victimes, hommes, femmes et enfants, massacrés dans des conditions atroces, sous le prétexte d’être Tutsi ou pour s’être opposé à cette extermination.

Organisé et planifié par le régime du président Juvénal Habyarimana allié de la France, ce génocide, crime imprescriptible, a duré 3 mois, du 7 avril à juillet 1994.

Il est le résultat d’une dérive criminelle du régime rwandais confronté à une guerre contre le Front Patriotique Rwandais (FPR), mouvement rebelle en grande majorité composé de descendants d’exilés- Tutsi persécutés auxquels tout droit au retour dans leur pays d’origine a été refusé. L’attentat (encore non élucidé) du 6 avril contre l’avion du président Habyarimana, a constitué l’évènement décisif pour la prise du pouvoir par les extrémistes du Hutu Power.

Ce génocide, reconnu par la communauté internationale, a bien été planifié et a pu être mis en oeuvre grâce au silence des grandes puissances mais aussi et surtout au soutien apporté par les autorités françaises aux génocidaires.

Cette allégation, difficile à croire et à concevoir pour les citoyens français, repose pourtant sur de nombreux faits mis au jour par diverses enquêtes.

 

Lire la suite en téléchargeant le 4 pages ci-dessous


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